Le journal de bord d’Aliénor #1

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Je m’appelle Aliénor et je suis en alternance au Temps de la terre depuis septembre 2025 dans le cadre de la licence Aménagement paysager « Design des milieux anthropisés » de l’université de Limoges. Je souhaite partager pourquoi ces quelques mois passés au Temps de la terre ont profondément marqué mon parcours.

Je tiens tout d’abord à remercier chaleureusement toute l’équipe du Temps de la terre de m’avoir accueillie en tant qu’alternante. Cette expérience représente pour moi une étape importante dans mon parcours, à la fois sur le plan professionnel et personnel.

Dès mon arrivée, j’ai été intégrée dans une équipe bienveillante, à l’écoute et investie dans la transmission de ses connaissances. Cela m’a permis de prendre rapidement confiance en moi, de trouver ma place et de m’impliquer pleinement dans les différentes missions proposées.

Cette alternance est bien plus qu’une simple formation : c’est une immersion concrète dans un métier, avec ses exigences, ses apprentissages et ses satisfactions.

Une immersion dans le métier

Au fil des semaines, j’ai pu découvrir en profondeur le métier de jardinière paysagiste.

J’ai appris à porter un regard plus attentif sur les végétaux, à comprendre leurs besoins, leur développement et leur rôle dans un écosystème. Chaque intervention demande de l’observation, de la réflexion et une adaptation constante aux conditions du terrain.

J’ai également découvert des techniques que je ne connaissais pas auparavant, notamment des méthodes de travail plus douces et respectueuses.

J’en suis ressortie avec une vision moins mécanisée du métier.

Apprentissage des gestes et techniques

Sur les chantiers, j’ai pu apprendre et pratiquer différents gestes essentiels : la taille des végétaux, en respectant leur forme naturelle et leur cycle de croissance, la tonte raisonnée, adaptée aux saisons et aux besoins du terrain, l’utilisation d’outils manuels, comme la faux, l’entretien général des jardins, en tenant compte de l’équilibre naturel.

Par exemple, sur les chantiers de taille de fruitiers, nous réalisons plusieurs étapes : la taille des bois morts, la taille sanitaire et la taille de fructification, chacune répondant à un objectif précis. La taille des bois morts permet de nettoyer l’arbre, tandis que la taille sanitaire élimine les branches malades ou gênantes. La taille de fructification consiste à sélectionner les bourgeons selon leur type (à fruits, intermédiaires ou à bois). Il est important d’anticiper la circulation de la sève pour optimiser les coupes. Enfin, lors de l’utilisation des sécateurs, la lame doit toujours être orientée vers la partie à préserver afin d’éviter de l’endommager.

Le sécateur doit être positionné de façon à placer la lame coupante du côté de la partie de la plante que l’on conserve. © Aliénor Berghmans

Ce que j’apprécie le plus, c’est la diversité des missions qui me sont confiées. Aucune journée ne se ressemble. Je participe activement aux chantiers d’entretien, aux projets de réalisation, la gestion de la pépinière, le suivi et soin des végétaux, la préparation et la manipulation de matériaux.

La pépinière du Temps de la terre © Aliénor Berghmans
Une prise de conscience essentielle

Cette alternance m’a amenée à réfléchir plus profondément à la manière dont nous interagissons avec notre environnement. J’ai compris que chaque geste, même le plus simple, peut avoir un impact.

Les chantiers de désherbage nécessitent, entre autres, de la minutie et de bien réfléchir aux plantes que l’on souhaite retirer. On peut assez vite enlever ou abîmer des végétaux par erreur. Cela m’arrivait assez souvent au départ car je n’étais pas encore habituée. J’ai ainsi coupé des iris et arraché des plantes que je voulait préserver… Il s’agit d’un vrai exercice de réflexion, de patience et de reconnaissance : il est en effet nécessaire de connaître la différence entre les plantes qui se ressemblent. Par exemple, l’ortie et le lamier (jaune ou blanc) qui sont assez semblables. La première est urticante, comestible, et souvent mal perçue du fait de son caractère prolifique et piquant, et la seconde, très mellifère, est un excellent couvre-sol qui ne pique pas.

C’est une manière de travailler et de penser que je souhaite défendre : une approche respectueuse, consciente et engagée.

Coccinelle sur une feuille de sauge. © Nina Hourdin


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